Les Implants Sous-Périostés
Osseointegration of subperiosteal implants using bovine bone substitute and various membranes
- 3 avril 2002
- Publié par : ISP
- Catégorie : Etudes ISP historiques
M. Aaboe, S. Schou, E. Hjørting-Hansen, M. Helbo, D. Vikjaer
Lien vers le texte complet : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11168194/
Osseointegration of subperiosteal implants using bovine bone substitute and various membranes
1. Référence scientifique
- Titre de l’étude : Osseointegration of subperiosteal implants using bovine bone substitute and various membranes
- Auteurs : M. Aaboe, S. Schou, E. Hjørting-Hansen, M. Helbo, D. Vikjaer
- Journal scientifique : Non précisé dans les éléments fournis.
- Année de publication : 2000
- DOI : 10.1034/j.1600-0501.2000.011001051.x
- PMID : 11168194
2. Contexte scientifique
Cette étude préclinique s’inscrit dans l’évaluation de l’intégration osseuse d’implants sous-périostés en titane placés directement à la surface de l’os. Elle fait suite à un travail antérieur des auteurs dans lequel l’ostéointégration de ce type d’implant était restée incomplète malgré l’utilisation d’une membrane en ePTFE. Le tissu osseux nouvellement constitué présentait également d’importants espaces médullaires.
Les chercheurs ont donc exploré une approche associant l’implant sous-périosté à un substitut osseux bovin, Bio-Oss, et à une membrane de recouvrement. L’intérêt scientifique réside notamment dans l’étude de l’environnement nécessaire à la formation osseuse autour de ce dispositif et dans la comparaison histologique de trois types de membranes. Les données concernent toutefois un modèle animal expérimental et ne permettent pas d’assimiler directement ces observations à des résultats obtenus en implantologie dentaire clinique chez l’être humain.
3. Objectif de l’étude
L’objectif était d’étudier l’ostéointégration d’implants sous-périostés en titane associés à des particules de Bio-Oss dans un modèle expérimental chez le lapin. Les auteurs ont également évalué l’environnement osseux obtenu sous trois dispositifs de recouvrement : un treillis résorbable en Polyglactin 910, une membrane bicouche résorbable en collagène et une membrane non résorbable en ePTFE.
L’étude cherchait ainsi à approfondir les observations issues d’une expérimentation antérieure dans laquelle l’ostéointégration était demeurée incomplète.
4. Méthodologie
Il s’agit d’une étude préclinique expérimentale sur modèle animal. Neuf lapins Copenhagen White ont été inclus. Un implant sous-périosté a été fixé à la surface osseuse de chacun des deux tibias, soit 18 implants au total.
La surface des implants a été recouverte de manière dense par des particules de Bio-Oss. L’ensemble implant-substitut osseux a ensuite été protégé par l’un des trois matériaux étudiés : treillis en Polyglactin 910, membrane bicouche de collagène ou membrane en ePTFE.
Après une période d’observation de 12 semaines, des coupes non décalcifiées ont été préparées pour une évaluation histologique. Les éléments fournis ne détaillent pas la répartition numérique des implants entre les différents types de membranes ni d’éventuelles méthodes quantitatives d’analyse histomorphométrique.
5. Résultats principaux
À l’issue des 12 semaines d’observation, une ostéointégration complète a été constatée histologiquement pour les 18 implants sous-périostés étudiés. Par rapport à l’expérience antérieure mentionnée par les auteurs, les espaces médullaires présents dans l’os nouvellement formé apparaissaient moins importants.
Les particules de Bio-Oss présentaient, dans ce modèle expérimental, des caractéristiques compatibles avec une bonne tolérance tissulaire et un comportement ostéoconducteur.
Des différences morphologiques ont néanmoins été observées entre les membranes. La membrane en ePTFE ne présentait ni affaissement ni infiltration adjacente de cellules inflammatoires dans les observations rapportées. À l’inverse, le treillis en Polyglactin 910 et la membrane bicouche de collagène montraient un léger affaissement. Sous les deux membranes résorbables, les auteurs ont également identifié des signes de résorption superficielle de l’os nouvellement constitué. L’origine de cette résorption n’a pas pu être déterminée à partir de l’expérimentation.
6. Analyse clinique
L’intérêt principal de ce travail réside dans la démonstration expérimentale qu’un implant sous-périosté en titane peut obtenir une intégration osseuse complète dans les conditions étudiées lorsqu’il est associé à un substitut osseux bovin et protégé par une membrane. Ce résultat prend une signification particulière au regard de l’étude précédente des auteurs, dans laquelle le protocole n’avait pas permis d’obtenir une ostéointégration complète.
Il faut cependant distinguer clairement cette observation histologique de toute démonstration d’efficacité clinique. L’expérience porte sur des tibias de lapins, et non sur les maxillaires de patients nécessitant une réhabilitation implantaire. Les données fournies ne renseignent ni sur le comportement mécanique à long terme des implants, ni sur leur mise en charge, ni sur leur utilisation dans une reconstruction prothétique.
La comparaison des membranes apporte également un élément intéressant. Dans les conditions expérimentales décrites, l’ePTFE conservait son architecture, alors que les deux membranes résorbables présentaient un léger affaissement. L’observation d’une résorption superficielle de l’os néoformé sous ces dernières mérite également attention, mais son mécanisme reste indéterminé.
Ces résultats doivent donc être considérés comme des données biologiques précliniques permettant de mieux comprendre l’environnement de l’ostéointégration, et non comme une justification suffisante d’un protocole thérapeutique chez l’humain.
7. Applications cliniques
Sur le plan de la recherche en implantologie, cette expérimentation peut contribuer à la réflexion sur les interactions entre implant sous-périosté, substitut osseux et membrane de protection. Elle présente également un intérêt pour l’étude des mécanismes de reconstruction osseuse autour de dispositifs implantaires positionnés à la surface de l’os.
En revanche, les éléments disponibles ne permettent pas de définir une indication clinique chez l’être humain, ni de conclure sur l’intérêt de cette approche dans l’atrophie osseuse, l’édentement ou la réhabilitation implanto-portée. Aucune donnée clinique humaine n’est rapportée. Toute extrapolation à la chirurgie orale ou à l’implantologie dentaire contemporaine doit donc rester particulièrement prudente.
8. Niveau de preuve, limites et transparence
Le niveau de preuve clinique est faible, puisqu’il s’agit d’une expérimentation animale portant sur neuf lapins et 18 implants. La période d’observation est limitée à 12 semaines et l’évaluation décrite est histologique. Ces caractéristiques permettent d’étudier un phénomène biologique dans des conditions expérimentales, mais pas d’établir l’efficacité ou la sécurité d’une stratégie thérapeutique chez l’être humain.
La répartition détaillée des implants entre les trois membranes et d’éventuelles mesures histomorphométriques ne sont pas précisées dans le résumé disponible. Par ailleurs, la cause de la résorption osseuse superficielle constatée sous les membranes résorbables demeure inexpliquée.
Conflits d’intérêts ou liens avec des fabricants : aucune information n’est fournie à ce sujet dans les éléments disponibles. Il n’est donc pas possible de conclure à leur présence ou à leur absence.
9. Points clés de l’étude
- Type d’étude : étude préclinique expérimentale sur modèle animal.
- Niveau de preuve : faible pour une extrapolation clinique humaine.
- Population ou nombre d’études analysées : 9 lapins Copenhagen White.
- Nombre de patients ou d’implants : aucun patient ; 18 implants sous-périostés.
- Durée de suivi : 12 semaines.
- Critère principal évalué : évaluation histologique de l’ostéointégration et de l’environnement osseux autour des implants.
- Résultat principal : ostéointégration complète des 18 implants dans les conditions expérimentales étudiées.
- Conclusion scientifique : l’association expérimentale implant sous-périosté–Bio-Oss–membrane a permis d’obtenir une intégration osseuse complète ; le Bio-Oss a présenté un comportement biocompatible et ostéoconducteur dans ce modèle.
- Limites éventuelles : modèle animal, faible effectif, observation de 12 semaines, absence de données cliniques humaines et origine indéterminée de la résorption osseuse observée sous les membranes résorbables.
10. Impact scientifique
Cette étude apporte principalement une donnée expérimentale supplémentaire à la compréhension de l’intégration osseuse des implants sous-périostés. Son intérêt tient notamment au fait qu’elle prolonge une expérimentation antérieure des mêmes auteurs qui avait abouti à une ostéointégration incomplète. L’ajout d’un substitut osseux bovin dans le nouveau protocole est associé ici à une intégration complète des implants étudiés et à une réduction des espaces médullaires par rapport au travail précédent.
Le protocole permet également de documenter des comportements différents selon le type de membrane, avec une meilleure conservation de la forme de l’ePTFE dans les conditions décrites.
Ces observations constituent surtout une base pour des recherches complémentaires. Elles ne permettent pas d’isoler avec certitude la contribution respective du Bio-Oss et des membranes aux résultats obtenus, ni de déterminer leur pertinence thérapeutique chez l’être humain à partir du seul résumé disponible.
11. Conclusion éditoriale
Ce travail expérimental montre qu’une ostéointégration complète d’implants sous-périostés était possible, chez le lapin, dans un environnement associant Bio-Oss et membrane de recouvrement. Il souligne parallèlement des différences histologiques entre membranes résorbables et non résorbables. La portée clinique reste néanmoins limitée par le caractère préclinique de l’étude, le faible effectif et la courte durée d’observation. Ces résultats doivent ainsi être considérés comme une contribution à la compréhension biologique de l’ostéointégration plutôt que comme une validation d’un protocole clinique.
