Les Implants Sous-Périostés
Soft Tissue Response and Determination of Underlying Risk Drivers for Recession and Mucositis after AMSJI Implantation in the Maxilla
- 28 avril 2024
- Publié par : ISP
- Catégorie : Complications
Casper Van den Borre, Björn De Neef, Natalie A. J. Loomans, Marco Rinaldi, Erik Nout, Peter Bouvry, Ignace Naert, Karlijn J. Van Stralen, Maurice Y. Mommaerts.
Lien vers le texte complet : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37910836/
Soft Tissue Response and Determination of Underlying Risk Drivers for Recession and Mucositis after AMSJI Implantation in the Maxilla
1. Référence scientifique
- Titre de l’étude : Soft Tissue Response and Determination of Underlying Risk Drivers for Recession and Mucositis after AMSJI Implantation in the Maxilla
- Auteurs : Casper Van den Borre, Björn De Neef, Natalie A. J. Loomans, Marco Rinaldi, Erik Nout, Peter Bouvry, Ignace Naert, Karlijn J. Van Stralen, Maurice Y. Mommaerts.
- Journal scientifique : Non précisé dans les éléments fournis.
- Année de publication : Non précisée dans les éléments fournis.
- PMID : 37910836.
- DOI : 10.11607/jomi.10490.
2. Contexte scientifique
La réhabilitation implantaire d’un maxillaire présentant une résorption osseuse très avancée constitue une situation complexe, notamment lorsque le volume osseux disponible limite les possibilités d’ancrage. Les implants sous-périostés maxillaires fabriqués par fabrication additive (AMSJI, Additively Manufactured Subperiosteal Jaw Implants) représentent une approche utilisée dans ce contexte d’atrophie sévère.
Au-delà de la stabilité de la reconstruction et de sa mise en charge prothétique, la réponse des tissus mous constitue un paramètre clinique important. Une récession muqueuse peut en effet conduire à l’exposition de certaines parties de l’armature implantaire. L’étude s’intéresse précisément à cette dimension biologique, en recherchant les caractéristiques susceptibles d’être associées à la dégradation de l’environnement muqueux autour des AMSJI. Elle apporte ainsi des données spécifiques sur une complication tissulaire dans une population présentant une résorption maxillaire avancée.
3. Objectif de l’étude
Les chercheurs ont cherché à caractériser la réponse des tissus mous après réhabilitation par AMSJI bilatéraux au maxillaire sévèrement atrophié. L’objectif était également d’identifier des facteurs susceptibles d’être associés à l’apparition d’une récession muqueuse et à l’exposition secondaire de l’armature. L’analyse s’est notamment intéressée au biotype tissulaire, à la mucosite et au tabagisme comme facteurs potentiellement liés à cette complication.
4. Méthodologie
Cette étude internationale multicentrique a inclus 40 patients, dont 15 hommes et 25 femmes, présentant une résorption maxillaire avancée correspondant à une classe V de Cawood et Howell ou davantage. L’âge moyen était de 64,62 ± 6,75 ans chez les hommes et de 65,24 ± 6,77 ans chez les femmes.
Pour être inclus, les patients devaient avoir bénéficié d’une pose bilatérale d’AMSJI au maxillaire au moins un an auparavant. Des données générales concernant les patients ont été recueillies et un examen clinique a été réalisé. Le suivi moyen rapporté au moment de l’étude était de 917 ± 306,89 jours.
Le résumé fourni ne permet pas de préciser l’ensemble des modalités d’évaluation clinique, ni de caractériser plus finement le plan d’étude comme prospectif ou rétrospectif.
5. Résultats principaux
Les 40 patients inclus avaient tous obtenu une stabilité primaire postopératoire et leurs implants avaient été restaurés par une prothèse définitive. Au moment de l’évaluation, un seul patient présentait une mobilité supérieure à 1 mm des AMSJI bilatéraux.
La principale observation concernait toutefois les tissus mous : 26 patients sur 40, soit 65 %, présentaient une exposition de l’armature associée à une récession muqueuse dans au moins une des sept régions étudiées. Les zones médio-latérales gauche et droite figuraient parmi les localisations les plus concernées.
L’analyse statistique identifiait un biotype fin et la présence d’une mucosite comme facteurs associés à la récession, avec une significativité statistique (P < 0,05). Le tabagisme montrait également un signal notable : le risque estimé de récession était presque sept fois supérieur chez les fumeurs (OR = 6,88), mais cette association n’atteignait pas le seuil de significativité statistique (P = 0,08).
6. Analyse clinique
L’intérêt principal de cette étude réside moins dans l’évaluation de la stabilité mécanique des AMSJI que dans l’attention portée à leur environnement muqueux. Dans cette cohorte de maxillaires sévèrement résorbés, l’exposition de l’armature liée à une récession concernait une proportion importante des patients. Cela suggère que l’analyse des résultats d’une réhabilitation par implant sous-périosté ne devrait pas se limiter à la stabilité de l’implant ou à la possibilité de réaliser une restauration prothétique.
L’association observée avec un biotype tissulaire fin souligne notamment l’intérêt potentiel de l’évaluation préopératoire des tissus mous. De même, la relation entre mucosite et récession attire l’attention sur la composante biologique du suivi après réhabilitation.
Le résultat concernant le tabagisme doit être interprété avec davantage de prudence. Malgré un odds ratio de 6,88, la valeur de P de 0,08 ne permet pas de considérer cette association comme statistiquement significative dans cette étude. Le signal observé peut donc constituer une piste à explorer, mais ne permet pas, sur la base des seules données fournies, d’établir le tabagisme comme facteur de risque démontré dans cette population.
Enfin, ces résultats décrivent une cohorte spécifique de 40 patients présentant une atrophie maxillaire avancée. Ils ne permettent pas d’établir une comparaison d’efficacité ou de complications avec d’autres stratégies de réhabilitation implantaire, aucun groupe comparateur n’étant décrit dans les éléments disponibles.
7. Applications cliniques
Ces observations concernent principalement la réhabilitation de maxillaires sévèrement atrophiés par implants sous-périostés AMSJI. Elles peuvent être utiles lors de l’évaluation clinique des tissus mous avant traitement et pendant le suivi d’une reconstruction déjà réalisée.
La présence d’un biotype fin mérite une attention particulière puisqu’elle était statistiquement associée à la récession dans cette population. De même, l’identification d’une mucosite au cours du suivi apparaît pertinente au regard de son association avec l’exposition de l’armature.
L’étude ne permet toutefois pas de définir, à partir du seul résumé disponible, un protocole préventif ou thérapeutique spécifique destiné à éviter ces complications. Elle ne permet pas non plus de conclure à la supériorité ou à l’infériorité des AMSJI par rapport à d’autres solutions de réhabilitation du maxillaire atrophié.
8. Niveau de preuve, limites et transparence
Il s’agit d’une étude clinique multicentrique portant sur 40 patients. Les informations fournies ne permettent pas de confirmer précisément son caractère prospectif ou rétrospectif. En l’absence de randomisation ou de groupe contrôle mentionné, son niveau de preuve doit rester interprété avec prudence.
La taille limitée de la population et l’absence de comparaison directe décrite avec une autre stratégie implantaire restreignent la possibilité de généraliser les résultats. Par ailleurs, l’association entre mucosite et récession ne permet pas, à elle seule, d’établir une relation causale.
Les éléments fournis ne détaillent pas les autres limites méthodologiques reconnues par les auteurs. Aucune information relative aux conflits d’intérêts, au financement ou à d’éventuels liens avec un fabricant n’est disponible dans les données fournies ; il n’est donc pas possible de conclure sur ce point.
9. Points clés de l’étude
- Type d’étude : étude clinique internationale multicentrique ; caractère prospectif ou rétrospectif non précisé dans les éléments fournis.
- Niveau de preuve : données observationnelles sans groupe contrôle mentionné ; niveau exact non précisé.
- Population ou nombre d’études analysées : patients présentant une résorption maxillaire avancée, classe V de Cawood et Howell ou davantage.
- Nombre de patients ou d’implants : 40 patients ayant reçu des AMSJI bilatéraux ; nombre exact d’implants distincts non précisé.
- Durée de suivi : moyenne de 917 ± 306,89 jours.
- Critère principal évalué : réponse des tissus mous et facteurs associés à leur dégradation autour des AMSJI.
- Résultat principal : 26 patients sur 40 (65 %) présentaient une récession avec exposition de l’armature dans au moins une région.
- Conclusion scientifique : un biotype fin et la présence d’une mucosite étaient associés de manière statistiquement significative à la récession.
- Limites éventuelles : effectif de 40 patients, absence de groupe comparateur mentionné et impossibilité d’établir une causalité à partir des associations observées ; autres limites non détaillées dans les éléments fournis.
10. Impact scientifique
Cette étude apporte des données cliniques centrées sur un aspect particulièrement pertinent de la réhabilitation par AMSJI : le comportement des tissus mous autour de l’armature sous-périostée. Son apport réside dans l’identification de caractéristiques associées à la récession plutôt que dans la seule description du fonctionnement de la reconstruction implanto-prothétique.
Le taux de patients présentant une exposition de l’armature met en évidence l’importance de considérer les complications biologiques dans l’évaluation de cette approche chez les patients atteints d’atrophie maxillaire sévère. L’association avec le biotype fin et la mucosite fournit également des éléments susceptibles d’orienter de futures recherches sur la prédiction et la prévention de ces complications.
Les résultats concernant le tabagisme constituent pour leur part un signal qui mériterait d’être étudié sur des effectifs plus importants. Des travaux comparatifs et des données supplémentaires seraient nécessaires pour mieux préciser les déterminants de la stabilité tissulaire à long terme autour des AMSJI.
11. Conclusion éditoriale
Cette étude met en évidence que la surveillance des tissus mous représente un enjeu important après réhabilitation d’un maxillaire sévèrement atrophié par AMSJI. La fréquence des récessions observées et leur association avec un biotype fin et la mucosite invitent à intégrer pleinement la dimension muqueuse dans l’évaluation clinique de ces reconstructions. Ces résultats restent néanmoins issus d’un effectif limité et ne permettent ni d’établir une causalité ni de comparer cette technique à d’autres options de réhabilitation implantaire.
