Les Implants Sous-Périostés
Osseointegration of subperiosteal implants using bovine bone substitute and various membranes
- 23 février 2000
- Publié par : ISP
- Catégorie : Etude sur l’ostéointégration
M. Aaboe, S. Schou, E. Hjørting-Hansen, M. Helbo, D. Vikjaer
Lien vers le texte complet : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/11168194/
Osseointegration of subperiosteal implants using bovine bone substitute and various membranes
1. Référence scientifique
- Titre de l’étude : Osseointegration of subperiosteal implants using bovine bone substitute and various membranes
- Auteurs : M. Aaboe, S. Schou, E. Hjørting-Hansen, M. Helbo, D. Vikjaer
- Journal scientifique : Non précisé dans les éléments fournis.
- Année de publication : 2000
- DOI : 10.1034/j.1600-0501.2000.011001051.x
- PMID : 11168194
2. Contexte scientifique
Cette étude préclinique s’inscrit dans l’évaluation de l’intégration osseuse d’implants sous-périostés en titane placés directement à la surface de l’os. Elle fait suite à un travail antérieur des auteurs dans lequel des implants sous-périostés individualisés, recouverts d’une membrane en ePTFE et fixés sur le tibia du lapin, n’avaient obtenu qu’une osséointégration incomplète. La structure de l’os néoformé présentait par ailleurs d’importants espaces médullaires.
Le travail étudié explore une stratégie différente associant l’implant sous-périosté à un substitut osseux bovin, Bio-Oss, et à une membrane de recouvrement. L’enjeu scientifique porte donc sur les conditions locales susceptibles de favoriser la formation osseuse au contact d’un implant posé à la surface du tissu osseux. Trois types de membranes, résorbables ou non résorbables, sont étudiés dans ce modèle expérimental. L’étude concerne ainsi principalement les mécanismes de reconstruction osseuse et d’ostéoconduction dans un contexte préclinique.
3. Objectif de l’étude
L’objectif était d’étudier l’osséointégration d’implants sous-périostés en titane associés à des particules de Bio-Oss et recouverts par différents types de membranes. Les chercheurs ont également évalué histologiquement les caractéristiques de l’os nouvellement formé et le comportement local des trois matériaux de membrane employés. Ce protocole visait notamment à examiner les résultats obtenus après les limites observées dans leur expérimentation antérieure.
4. Méthodologie
Il s’agit d’une étude expérimentale préclinique sur modèle animal. Neuf lapins Copenhagen White ont été utilisés. Des implants sous-périostés ont été fixés à la surface osseuse des deux tibias, soit 18 implants au total. La surface des implants a été recouverte de manière dense par des particules de Bio-Oss.
Trois systèmes de membrane ont été évalués : un treillis résorbable en Polyglactin 910, une membrane bicouche résorbable en collagène et une membrane non résorbable en ePTFE. Après une période d’observation de 12 semaines, des coupes non décalcifiées ont été préparées pour l’évaluation histologique.
Les éléments fournis ne détaillent pas la répartition numérique des implants entre les trois membranes ni d’éventuelles méthodes d’analyse statistique.
5. Résultats principaux
À 12 semaines, l’évaluation histologique a montré une osséointégration complète des 18 implants sous-périostés étudiés. La morphologie de l’os formé apparaissait également différente de celle rapportée dans l’étude antérieure des auteurs, avec une diminution des espaces médullaires.
Les particules de Bio-Oss ont présenté, dans ce modèle expérimental, un comportement compatible avec une fonction ostéoconductrice et aucune incompatibilité tissulaire n’est rapportée dans le résumé fourni.
Le comportement des membranes différait selon leur nature. La membrane non résorbable en ePTFE conservait sa configuration sans signe d’affaissement ni infiltration inflammatoire adjacente rapportée. À l’inverse, le treillis en Polyglactin 910 et la membrane bicouche en collagène présentaient un léger affaissement. Des signes de résorption superficielle de l’os nouvellement formé étaient également observés sous les membranes résorbables. Les auteurs ne pouvaient toutefois pas établir la cause de ce phénomène.
6. Analyse clinique
L’intérêt principal de cette expérimentation réside dans l’observation d’une formation osseuse permettant l’intégration de l’ensemble des implants sous-périostés étudiés lorsque ceux-ci étaient associés à un substitut osseux bovin et à une membrane. Cette observation contraste avec l’osséointégration incomplète décrite par les auteurs dans leur expérimentation antérieure. Elle suggère que l’environnement créé autour de l’implant, comprenant ici les particules de Bio-Oss et le dispositif membranaire, mérite une attention particulière dans l’étude de l’intégration osseuse des implants sous-périostés.
Les différences constatées entre membranes sont également intéressantes sur le plan biologique. Dans les conditions de l’expérience, l’ePTFE a maintenu son architecture, tandis qu’un léger affaissement a été constaté avec les deux dispositifs résorbables. La présence d’une résorption superficielle de l’os néoformé sous ces dernières constitue cependant un résultat qui impose de rester prudent, d’autant que son mécanisme n’a pas pu être déterminé.
Ces données ne doivent pas être interprétées comme la démonstration de l’efficacité d’un protocole applicable directement à l’implantologie dentaire humaine. Le modèle est animal, le site étudié est le tibia du lapin et la période d’observation est limitée à 12 semaines. L’étude apporte avant tout des informations histologiques et biologiques expérimentales. Elle ne fournit aucune donnée clinique humaine sur la survie implantaire, les complications, la fonction prothétique ou les résultats à long terme.
7. Applications cliniques
La portée clinique de cette étude concerne essentiellement la recherche sur la reconstruction osseuse autour des implants sous-périostés et sur l’utilisation conjointe de substituts osseux et de membranes. Les observations peuvent alimenter la réflexion expérimentale sur le rôle de l’ostéoconduction et du maintien de l’espace nécessaire à la formation osseuse.
En revanche, les données fournies ne permettent pas d’établir d’indications thérapeutiques chez l’être humain, ni de recommander une membrane plutôt qu’une autre en chirurgie implantaire. Elles ne permettent pas non plus de conclure sur la prise en charge de l’atrophie osseuse, sur une réhabilitation prothétique ou sur les performances cliniques à long terme des implants sous-périostés.
8. Niveau de preuve, limites et transparence
Le niveau de preuve clinique est faible, puisqu’il s’agit d’une étude préclinique réalisée chez neuf animaux et non d’une étude menée chez des patients. Son intérêt réside principalement dans l’analyse histologique des phénomènes d’intégration osseuse dans un environnement expérimental contrôlé.
Plusieurs précautions sont nécessaires : l’observation est limitée à 12 semaines, le modèle tibial du lapin ne permet pas une extrapolation directe aux conditions anatomiques et fonctionnelles de la chirurgie orale humaine, et certains détails méthodologiques ne figurent pas dans le résumé disponible. La causalité de la résorption osseuse superficielle observée sous les membranes résorbables reste également indéterminée.
Conflits d’intérêts ou liens avec des fabricants : non précisés dans les éléments fournis. L’affiliation communiquée rattache les auteurs au Department of Oral and Maxillofacial Surgery, School of Dentistry, Faculty of Health Sciences, University of Copenhagen.
9. Points clés de l’étude
- Type d’étude : étude expérimentale préclinique sur modèle animal.
- Niveau de preuve : faible en termes d’extrapolation clinique humaine.
- Population ou nombre d’études analysées : 9 lapins Copenhagen White.
- Nombre de patients ou d’implants : aucun patient ; 18 implants sous-périostés.
- Durée de suivi : 12 semaines.
- Critère principal évalué : évaluation histologique de l’osséointégration et de l’os nouvellement formé.
- Résultat principal : osséointégration complète des 18 implants examinés après 12 semaines.
- Conclusion scientifique : dans ce modèle animal, l’association des implants sous-périostés au Bio-Oss et aux membranes étudiées a été compatible avec une osséointégration complète ; le Bio-Oss a montré un comportement biocompatible et ostéoconducteur.
- Limites éventuelles : modèle animal, 9 animaux, observation de 12 semaines, absence de données cliniques humaines et cause non déterminée de la résorption superficielle observée sous les membranes résorbables.
10. Impact scientifique
Cette étude apporte des données expérimentales sur l’interaction entre implant sous-périosté, substitut osseux bovin et membrane dans un modèle de formation osseuse. Sa contribution est particulièrement liée au travail antérieur des mêmes chercheurs : alors que celui-ci avait mis en évidence une intégration incomplète, le protocole présenté ici aboutit à une osséointégration histologique de tous les implants examinés et à une réduction des espaces médullaires.
L’étude met également en évidence que les membranes testées ne présentent pas exactement le même comportement morphologique au cours de la cicatrisation. Elle soulève notamment une interrogation sur les phénomènes de résorption superficielle observés sous les membranes résorbables, sans pouvoir en expliquer l’origine.
Ces résultats constituent donc davantage une base expérimentale pour de nouvelles recherches qu’une validation clinique d’une stratégie de réhabilitation implantaire. Des données chez l’être humain seraient nécessaires pour déterminer la pertinence clinique de ces observations.
11. Conclusion éditoriale
Cette expérimentation montre qu’une osséointégration complète d’implants sous-périostés en titane était obtenue après 12 semaines chez le lapin dans le protocole associant Bio-Oss et membrane de recouvrement. Elle apporte également des informations sur le comportement biologique et structurel de membranes résorbables et non résorbables. Son intérêt pour l’implantologie est essentiellement mécanistique et préclinique : les résultats ne permettent pas, à eux seuls, de définir un protocole thérapeutique ou de prédire les performances d’une telle approche chez l’être humain.
